Vivre quelques mois à Tunis en expatrié ou en télétravail : bien s'organiser pour se déplacer
Tunis attire de plus en plus de travailleurs à distance et de salariés détachés. Le décalage horaire avec l'Europe est nul ou presque, le coût de la vie reste raisonnable, la mer est à vingt minutes et les vols vers Paris, Lyon ou Marseille durent à peine plus de deux heures. Reste une question qu'on se pose vite après l'arrivée : comment se déplacer au quotidien dans une ville étendue, où les distances entre quartiers sont plus longues qu'il n'y paraît sur la carte ?

Choisir son quartier selon son rythme
La plupart des expatriés se partagent entre trois zones. Les Berges du Lac, d'abord, quartier moderne de bureaux, de cafés et de résidences, pratique si l'on travaille pour une entreprise installée sur place. La Marsa et Sidi Bou Saïd, ensuite, plus résidentiels, avec la plage au bout de la rue, des marchés et une vraie vie de village le soir. Enfin, Ennasr et El Menzah, plus tunisiens, plus abordables, avec de grands supermarchés et beaucoup de commerces.
Le centre-ville, autour de l'avenue Habib-Bourguiba et de la médina, se visite volontiers mais se vit moins facilement au quotidien : stationnement compliqué, circulation dense aux heures de pointe.
Le quotidien : transports en commun, taxis et voiture
Le TGM, petit train qui relie le centre à La Marsa en longeant le lac, est pittoresque et bon marché, mais ses horaires conviennent mal à qui doit enchaîner rendez-vous et courses. Le métro léger dessert surtout l'ouest et le sud de la ville. Les taxis jaunes sont nombreux et peu chers, à condition de vérifier que le compteur est allumé, et les applications de VTC fonctionnent dans le Grand Tunis.
Dans les faits, beaucoup de nouveaux arrivants finissent par prendre une voiture dès que leur séjour dépasse quelques semaines. Les grandes surfaces sont en périphérie, les plages du nord se rejoignent mieux par la route, et le week-end devient vite l'occasion de partir plus loin.
Travailler à distance depuis Tunis
Les espaces de coworking se sont multipliés, en particulier aux Berges du Lac, à La Marsa et dans le quartier de Montplaisir. La fibre est disponible dans la plupart des immeubles récents, et une carte SIM locale avec un forfait data généreux sert de solution de secours. Les cafés de La Marsa accueillent volontiers les ordinateurs portables en semaine, un peu moins le dimanche matin.
Pensez aux horaires : en été, une partie de l'administration et certaines entreprises passent à la séance unique, et les après-midi de juillet et d'août sont très calmes.
Les week-ends : sortir de la capitale
C'est là que la vie d'expatrié à Tunis prend tout son intérêt. En une heure environ, on rejoint Bizerte et son vieux port, ou le site romain d'Oudhna. En une heure et demie, on atteint Hammamet, Nabeul ou les ruines de Dougga. Le Cap Bon, avec Kélibia et El Haouaria, se fait très bien en un week-end. Pour suivre le calendrier des festivals et des événements culturels, le site de l'Office national du tourisme tunisien (discovertunisia.com) est une bonne base.
Côté pratique
Pour un séjour de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, la location au mois est souvent plus simple qu'un achat, avec ses démarches d'immatriculation et de revente. Passer par une agence de location à Tunis qui remet le véhicule à l'adresse, dans le Grand Tunis, évite aussi de traverser la ville en taxi pour aller le chercher. G-rent propose par exemple des KIA Picanto neuves de 2026, climatisées, en boîte manuelle ou automatique, avec kilométrage illimité, assurance et assistance 7 j/7 incluses, autour de 2 000 à 2 100 DT par mois. Une caution de 1 000 DT est demandée et restituée au retour ; il faut avoir au moins 21 ans et deux ans de permis.
Une petite citadine a un autre avantage à Tunis : elle se gare là où les grosses berlines tournent en rond, et c'est un argument de poids à La Marsa un samedi soir.
Quelques conseils pour les premières semaines
Ouvrez un compte bancaire local si votre séjour dure, car certains propriétaires préfèrent les virements. Apprenez quelques mots de derja, l'arabe tunisien : un simple « aaslema » (bonjour) change souvent l'accueil. Et gardez toujours un peu de monnaie pour les gardiens de parking, omniprésents dans les quartiers animés.
Au bout de quelques semaines, on se surprend à avoir ses habitudes : son café, son marchand de fruits, sa route du vendre